Et si Philippe le Bel était Provencal?
Pour comprendre de façon circonstanciée l’état de décrépitude de notre beau royaume de France qu’est la GLNF et pourquoi aujourd’hui nous découvrons la félonie de son Roi, ne faut-il pas se tourner vers les événements qui conduisirent de façon progressive et insidieuse à la situation actuelle.
Revenons-en arrière si vous le voulez bien !
Il était une fois en Provence Alpes-Côte d’Azur une province alors dirigée par un GMP, un certain Jean-Charles Foellner. Les dérives allant bon train, un procureur nommé de Montgolfier décida de mettre de l’ordre dans ce cloaque digne du pont neuf…
Afin de ne pas déformer les propos de cette époque, le site de l’INA nous propose cet extrait du journal télévisé du 15 décembre 2000 (pas si loin !) où l’on découvre furtivement les trois derniers GM de la GLNF dont notre cher François Stifani (image rare !) et que je vous invite à découvrir en cliquant sur le lien suivant :
Mais avant tout cela, et depuis de nombreuses années, Nogaret, pardon, Trestournel régnait en pseudo-Grand Maître sur la GLNF et y faisait régner ses humeurs et ses fantasmes inassouvis. Mais il avait rencontré, barrant ses espoirs et folles espérances de puissance, deux GM Jean Mons et André Roux qui lui avait successivement refusé la direction effective de notre GLNF. L’idée germa dans sa tête bien pleine mais malheureusement pas bien faite qu’un GM plus malléable pouvait lui faciliter les choses. Il favorisa l’accession au trône de Claude Charbonniaud, premier d’une lignée puisant ses racines dans cette chère Province de PACA.
Ce fut le début de la dynastie des GM originaires de cette région. Claude Charbonniaud engendra Jean-Charles Foellner qui lui-même donna naissance à François Stifani.
Je me contenterai de citer ici les propos de François-Xavier Vershave de son ouvrage "Noir Chirac" (les Arènes, 2002) pages 68-87 :
« La GLNF connaît un passage à vide en 1965 lorsque l’Otan déménage de Paris à Bruxelles. Jean Baylot, ancien préfet de police de Paris, est l’artisan du redémarrage avec Yves Trestournel, nommé en 1972 secrétaire de l’association qui régit l’obédience. En 1980, tous deux poussent à la tête de la GLNF Jean Mons, ancien directeur de cabinet des présidents du Conseil Léon Blum et Paul Ramadier. Avec Claude Charbonniaud, un temps gendre de Jean Mons, Trestournel pousse à la recherche intensive de « candidats intéressants », solvables et décisionnaires. La GLNF passe de 5 000 à 20 000 membres : tout un gotha industriel, financier, politique, judiciaires, médiatique, militaire [….]
[…] À la mort de Jean Mons, en 1989, c’est le notaire de Jacques Chirac, André Roux, qui devient Grand Maître. Début 1992, il veut écarter Charbonniaud et Trestournel. Il a un curieux accident de voiture en plein Paris. « Certains s’étonnent qu’il n’y ait pas eu d’autopsie. » Claude Charbonniaud le remplace. Sa réélection, en 1995, est mouvementée. Le n° 3 de l’obédience, le Prince Alexandre de Yougoslavie, lui envoie une lettre de démission fracassante : « Un de vos proches collaborateurs s’est saisi du fonctionnement de l’Ordre : il peuple nos instances de ses créatures, distribue des prébendes et achète des consciences. [...] Cette éclosion publique des scandales [...] nous porte un très grave préjudice. Il ne s’agit pourtant que de la partie visible de l’iceberg. »[…]
En 1996, Pierre Bertin, Premier Grand Surveillant, adresse à ses frères une lettre réquisitoire : « Notre Grande Loge Nationale Française est en danger, en passe d’être dépossédée par une multitude d’affaires scandaleuses. [...] Ceux qui, exerçant les plus hautes fonctions de notre obédience, participent à de telles déviations, les acceptent ou même les suscitent, violent les lois et les usages de l’Ordre maçonnique et trahissent notre Constitution. Les mêmes d’ailleurs, dans la plupart des cas, ont tissé des réseaux occultes qui menacent l’équilibre de notre société en bafouant les lois de l’État... »[…]
En réunion plénière du Souverain Grand Comité, l’ancien patron de la DGSE Pierre Marion, Grand Porte Glaive, demande « une enquête sur les activités de Trestournel. » Une bande de gros bras l’entoure aussitôt : « On aura ta peau. » Le même Marion, dans une lettre à Charbonniaud, suggère que le secrétaire de la GLNF se vante « sans retenue d’être un “marionnettiste” confirmé de Grand Maître. » Ottenheimer et Lecadre disent de Trestournel qu’il est un « maître absolu », un « homme-clé ». « Il sait tout. » Pierre Marion leur confie : « Il est très fort, il a eu l’habileté de lover une organisation [xxx] dans une société secrète. Allez l’en déloger... Depuis vingt-huit ans qu’il est à la tête de l’obédience, il tient tout le monde. »[…]
« On n’a encore rien trouvé de mieux que la franc-maçonnerie pour synthétiser diplomatie, barbouzerie et business, toujours imbriqués en matière de relations franco-africaines. », commentent Ottenheimer et Lecadre. Mais pourquoi certains francs-maçons adhèrent-ils à ce mélange qui détermine une relation impérialiste ou néocoloniale ? […]
Les critiques virulentes ont laissé imperturbable Yves Trestournel. Fin 2001, il promouvait un fidèle, Jean-Charles Foellner, à la succession du Grand Maître Charbonniaud. Foellner a été Grand Maître Provincial de la Côte d’Azur à partir de 1982, membre de la Loge Laurent le Magnifique, une Province et une Loge symboles de toutes les dérives. Membre flamboyant de cette Loge, le maire de Cannes Michel Mouillot livrait ouvertement aux frères tous les marchés publics ; il est devenu chef de projet immobilier sur l’île du Petit-Moustique, aux Caraïbes, au côté du sulfureux “financier” international, Armando Nano. […]
En 1986, Foellner « a fondé une autre loge sur mesure, dont il était le Vénérable : Bartholdi [...]. À vocation internationale, elle regroupait des Grands Maîtres internationaux, comme le président Omar Bongo ou des hauts dignitaires du Grand Orient d’Italie », qui abrita la Loge P2. »
Nous sommes donc tous responsable de ne pas avoir réagi en son temps à ces dérives et aux alertes que nous avaient envoyées les plus anciens et les plus au fait des « affaires internes ». Nous nous devons de prendre une part de responsabilité dans la situation actuelle.
Un événement, qui en son temps est passé bien inaperçu depuis Paris, fut la succession au poste de GMP de Jean-Charles Foellner. Un avocat, élevé au sein du Rite Emulation, sincère franc-maçon et d’une honnêteté à toute épreuve, prit la succession. Il se nommait Max Benoliel, et voulu remettre l’éthique au cœur de la Province ! Crime de lèse majesté, il connu le sort des GMP remerciés dernièrement, il fut débarqué après un an de service pour être remplacé par … le Grand Orateur actuel ! Ce dernier a cédé en 2002 le poste de GMP à … je vous laisse deviner … François Stifani. Les Frères, qui avaient soutenu Max Benoliel, ont été présentés au « Conseil de Discipline » et n’ont du leur salut maçonnique qu’à la Fraternelle affection de certains membres de ce Conseil. Cherchez bien, et vous trouverez de nombreuses traces de ces ex-camarades de la côte parmi les dignitaires en poste actuellement. Avouez que l’histoire est parfois cocasse !
Dans l’extrait du JT que je vous ai proposé, avez-vous noté la volonté ferme et solide de la part de Claude Charbonniaud et de Jean-Charles Foellner de remettre de l’ordre dans la maison. Hélas de ces déclarations ils n’ont gardé que la volonté inaltérable de transformer de façon illégitime la GLNF en Ordre. Les « coquins », loin d’être externalisés, ont quitté la Méditerranée pour venir se réfugier au sein de Christine de Pisan. Le silence est retombé sur la Riviera.
Il est intéressant de noter les propos de Jean-Laurent Turbet tenus le 16 septembre 2007 sur son blog (http://www.jlturbet.net/article-12415157-6.html) et que je cite :
« Il [François Stifani] succèdera à son ami et mentor Jean-Charles Foellner qui était Grand maître depuis 2001 et dont il fût l'un des plus indéfectibles soutiens lors des turbulences qui agitèrent l'obédience.
François Stifani, 59 ans, avocat spécialisé en droit des affaires et en fiscalité internationale, est maçon depuis plus de 30 ans (il fut initié originellement au Droit Humain avant de rejoindre la GLNF).
Il siège au conseil d'administration de la GNLF depuis 2001. Il a été Grand Maître provincial en Alpes-Corse-Méditerranée (2002-2005), porte-parole de la GLNF en 2005 il est aujourd'hui député Grand Maître (depuis décembre 2006).
Interrogé en 2005 par un journaliste de l'Express sur une éventuelle succession de Foellner que ses adversaires au sein de l'obédience pressentaient, il déclarait : « Je n'ai pas d'ambition, je suis un homme heu-reux! Je suis sans doute capable de devenir grand maître, mais je n'aime pas les mondanités, je ne joue pas au golf.»
L'avocat d'affaires non golfeur a eu le temps de réfléchir et de sauter le pas ! »
Mais tous ces propos annonçaient clairement, voila maintenant plus de 3 ans, les événements que nous connaissons de nos jours. Quand je vous disais qu’il était instructif de se pencher quelques minutes sur l’histoire… et que quelque part nous étions responsables… On devrait nous exclure rien qu’à ce motif !
L’expérience n’est qu’une lanterne que l’on a d’accrochée dans le dos et qui n’éclaire que le chemin parcouru… (vieux proverbe chinois)