La République Universelle

Publié le par Jacques de Molay

Au fond des cieux un point scintille,

Regardez, il grandit, il brille,

Il approche, énorme et vermeil.

Ô République universelle,

Tu n'es encor que l'étincelle,

Demain tu seras le soleil !

 

Fortement structuré et hiérarchisé, le Temple était composé d’hommes aux responsabilités et obligations très diverses, animés par un même idéal chevaleresque, qui fut à l’origine du développement du Temple en «Chevalerie secrète» - ou ésotérique - et qui finira par ne répondre qu’à sa seule autorité.

 

 

La chevalerie, un état d’esprit, une vocation

 

 

La chevalerie, avant et au-delà de toute institution, est un état d’esprit. On devient chevalier par nature, par vocation ou par nécessité et non par la naissance ou l’héritage. Devient chevalier celui qui a la volonté d’incarner un rôle : être un lien, une source d’équilibre entre le pouvoir spirituel et le pouvoir laïque, l’atemporel et le temporel.

 

 

Le chevalier, pont entre le visible et l’invisible

 

Le chevalier a pour mission et nécessité d’être garant, sur le plan matériel, du principe spirituel. Il est le justicier par excellence. Son code se veut éthique et non moral, c’est-à-dire qu’il tend à refléter les lois naturelles universelles, et non soumises aux changements et aux humeurs de l’histoire. Pont entre le monde visible et l’invisible, il permet à la forme d’incarner le principe spirituel sur terre. Bien que semblable au militaire par l’aspect, il en diffère par le but : sa vocation combattante n'est pas au service d’une autorité matérielle et temporelle, elle n'est que le moyen d’assumer sa fonction.

 

 

Un rôle social permanent

 

Dans la société médiévale, le chevalier assume un rôle social permanent. Il sert l’Église dans l’État. Le jour où, l’Église deviendra un État analogue aux royaumes, la chevalerie se constituera en «ordres», plus ou moins autonomes qui, pour rester fidèles à leur vocation chevaleresque, chercheront à réduire le plus possible toute relation hiérarchique avec le clergé officiel. Ainsi, le chevalier templier servira l’Ordre avant de servir l’Église.

Le Temple, en tant qu’entité indépendante, deviendra peu à peu un état dans l’État avec ses propres objectifs politiques et économiques, son savoir, son éthique et ses techniques.

 

 

Les trois unités

 

L'idéal templier consistait à réaliser les trois unités :

- Unité de pouvoir : par un Empire confédéral, ou alliance des peuples libres organisés en noblesse populaire.

- Unité de savoir : par la «mathèse» des sciences. Tout comme la fraternité, la «mathèse» des sciences exprime le refus de toute discrimination : accepter l’autre et son savoir.

- Unité d’amour : par la fraternité universelle.

 

 

L’unité dans le monde

 

La notion d’empire exprime, pour les Templiers, la volonté de faire partager, à travers différents modes d’expression possibles, une même vision spirituelle du monde. Il s’agit d’un «empire spirituel», synonyme de totalité et non de totalitarisme, et qui s’attache à respecter les modes culturels propres à chaque individu, à chaque peuple : au-delà des différences formelles, les hommes se rejoignent dans l’unité du Sacré, dans un esprit de fraternité et d’acceptation de l’autre sans préjugé ni haine.

À travers les neuf mille commanderies (dont deux mille en France) installées partout en Europe comme au Moyen-Orient, la même loi unissait tous les Templiers, quelque soit le pays, la culture et la langue.

Le Temple fut à l’origine de la Hanse (ligue commerciale des cités d’Allemagne du nord) et de la première lettre de change, système économique international qui lui permettait d’effectuer des opérations de change entre ses nombreux comptoirs. Les Templiers protégeaient les pauvres qui, installés sur le territoire d’une commanderie, n’étaient plus soumis aux exigences des seigneurs locaux.

 

 

L’unité des principes

 

La volonté des Templiers d’unir les hommes entre eux dépassait largement les limites de la foi chrétienne. Ce qui compte avant tout, c’est le rattachement à une démarche spirituelle, et peu importe la manière, c’est-à-dire la religion, à travers laquelle cette démarche s’exprimera. L'enseignement du Temple puise ici à la source de la pensée traditionnelle en rappelant l’existence immuable d’un principe originel, le mythe, source de toute chose et des lois universelles, hors de l’histoire, du temps et de l’usure. Toutes les religions temporelles, ou religions révélées, sont donc issues d’un principe unique qui peut s'appeler «religion naturelle».

Puisque toutes les formes, comme toutes les religions, se valent, et que l’homme doit bien en choisir une pour mener sa quête spirituelle, les Templiers choisirent de vivre en religion chrétienne. En ces siècles d’intolérance, cela ne pouvait que leur faciliter la tâche.

 

 

L’unité en l'homme

 

La chevalerie médiévale consiste principalement en l’initiation de l’individu et en l’organisation d’une aristocratie militante recrutée sur les seuls critères du désintéressement, de la loyauté et de l’honneur.

 

Par initiation, il faut entendre le processus par lequel un homme, placé dans une attitude d’éveil, se pose la question des dimensions spirituelles convenant à sa nature d’âme, à ses certitudes profondes, à la façon dont il se situe lui-même, volontairement, dans la société et dans l’Histoire. L’homme prend ainsi conscience de sa vocation.

Au cours d’un apprentissage, il va éprouver ses forces et mesurer l’envergure possible de son action. Ainsi, il choisit volontairement le rôle qu’il va effectivement jouer. À la notion de vocation succède alors celle de mission. L’homme éveillé cherchera naturellement l’environnement dans lequel il devra se former, acquérir une spiritualité et un comportement lui permettant une collaboration féconde avec d’autres, ses frères, pourvus d’une destinée analogue à la sienne. Il choisira la chevalerie s’il se conditionne pour un militantisme de garde du sacré et de défense des principes.

À la suite d’épreuves passées avec succès, l’initié s’intègrera dans un courant traditionnel qui le soumettra à un rite de réception et de consécration.

Une communauté fraternelle, un ordre, dispensera alors un enseignement spécial, un ensemble cohérent de techniques spirituelles destinées à aider l’initié dans sa propre construction sans pour autant l’abandonner à la solitude.

 

Ainsi, le chevalier initié se caractérisera par une présence, un rayonnement, une capacité spirituelle et d’enseignement. Être accompli il pourra ainsi trouver l’unité en lui et dans le monde et accomplir sa mission.

 

Texte extrait du Dossier Spécial, Les Templiers, une chevalerie initiatique, Pascal Crosnier et Jean-Pierre Ludwig

 

 

« Une nouvelle chevalerie est apparue sur la terre. C’est une milice d’un genre nouveau, inconnue aux siècles passés, destinée à mener sans relâche un combat double, tantôt contre des adversaires de chair et de sang, tantôt contre les esprit de malice répandus dans les airs. Le chevalier est vraiment sans peur et sans reproche qui revêt en même temps son âme de la cuirasse de la foi et son corps d’une côte de maille. Sous sa double armure, il ne craint ni homme ni diable»

Extrait de Laude novae militiae de Bernard Clairvaux à Hugues de Payns, fondateur de l’Ordre des Templiers.

Vous tous mes Frères, qui croyez sincèrement en ces idéaux intemporels, osez relever le défi qui nous est proposé aujourd'hui. Sachons repositionner nos Loges à leur vraie place au sein de l'Obédience, ce sont elles qui détiennent le pouvoir initiatique, ce sont elles qui disposent de la force spirituelle. Toutefois faisons le dans l'ordre et la retenue, il serait vain de croire que la qualité d'un révolutionnaire se mesure aux décombres qu'il engendre. Sa Gloire sera plutôt de léguer à ses successeurs un véhicule approprié pour héberger les valeurs traditionnelles que l'on se doit de faire passer dans le prochain cycle pour ceux qui auront Foi dans le Cosmos.

"Dieu aidant, ce jour-là sera peut-être plus important pour la Maçonnerie que celui de la proclamation de la Constitution d’Anderson" GM Dumesnil de Grammont

Publié dans Généralités

Commenter cet article